22 décembre 2015

Faire rejaillir le beau!

Photo The Hindu Tous droits réservés

Les catastrophes sont parfois l'occasion de faire ressortir le beau qui est en chacun. Lors des inondations à Chennai, de nombreux habitants moins touchés que d'autres par la montée des eaux se sont spontanément portés au secours des victimes durement éprouvées. Deva Arunachalam est l'une dentre eux. C'est la voix encore pleine d'émotion qu'elle nous raconte ces quelques semaines de mousson très particulière cette annnée.

 

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16 décembre 2015

Un exercice d'écriture créative au service de l'actualité

Consignes d'écritureParis, 30 novembre. Cent-cinquante chefs d’état sont réunis pour l’ouverture de la 21ème Conference Of the Parties, aussi appelée COP 21. L’objectif : parvenir à la signature d’un traité international permettant de limiter les dégâts en matière de réchauffement planétaire.

Chennai, 30 novembre. Les bulletins d’alerte météo arrivent les uns après les autres. De fortes pluies sont prévues. Plus fortes encore que celles qui sont déjà tombées depuis le début de la mousson. Laquelle est particulièrement violente cette année. Depuis déjà plusieurs semaines, les habitants de la quatrième ville indienne subissent des inondations à répétition : écoles fermées, transports improbables et vie économique très ralentie sont leur lot quotidien.

Paris, 1er décembre. Les discours se succèdent. Toute la presse internationale est là. L’événement est immense.

Chennai, 1er décembre. La pluie est violente. Orageuse, même. Les éclairs se succèdent. L’eau va tomber sans interruption pendant quasiment vingt-quatre heures.

Paris, 2 décembre. L’eau est à l’honneur à la COP 21 : c’est la journée spéciale « Eau et recherche ».

Chennai, 2 décembre. L’eau est à l’honneur à Chennai. Tellement qu’elle a envahi toute la ville. L’électricité est coupée. Tous les moyens de communication aussi. Une cacophonie générale mais curieusement, c’est plutôt le silence qui frappe. Pas de klaxons, pas de vendeurs de rue. Cela ressemblerait presque à un jour de neige en France. Petit à petit, les nouvelles se propagent à voix d’hommes. De nombreuses habitations ont dû être évacuées. Les pêcheurs ont prêté leurs barques pour voguer au secours de ceux qui s’étaient réfugiés sur leur toit. Beaucoup de gens, en particulier dans les quartiers pauvres, ont tout perdu. Même si tout est certainement un bien grand mot eu égard au peu qu’ils possédaient. Des centaines de victimes seront à déplorer, mais leur nombre exact restera inconnu. Certains corps ne seront rendus que plus tard, lors de la décrue. D’autres pas.

Paris, 4 décembre. Les conférences continuent. Le monde entier est aux aguets. Mais ce monde ignore qu’un autre est en train de vivre l’enfer.

Chennai, 4 décembre. Les alertes prennent une autre tournure. Ce sont maintenant les épidémies qui sont à craindre. Eaux usées et eaux de pluie se sont mélangées. Les cadavres d’animaux flottent çà et là. La décrue n’a pas commencé. Cela fait plusieurs jours que des habitants vivent les pieds dans l’eau. L’aide médicale arrive au compte-goutte. Mais elle ne peut être que superficielle : piqûres, perfusions ou actes chirurgicaux même mineurs sont impossibles en raison des conditions d’hygiène déplorables.

Paris, 10 décembre. La COP 21 va-t-elle se clore sans que rien ne soit signé ? Le suspense est à son comble. Les négociateurs négocient. Les commentateurs commentent. Faudra-t-il remiser les confettis de la grande parade de fin à la prochaine fois ?

Chennai 10 décembre. Les écoles sont toujours fermées. L’électricité revient… plusieurs fois pas jour. Les réseaux de communication aussi. Des milliers de personnes sont sans abri. Les rues ressemblent à une déchetterie géante. Le tout dans une indifférence internationale pesante.

Paris, le 14 décembre. La COP 21 est terminée. Le traité si âprement négocié est déjà presque oublié.

Chennai, le 14 décembre. L’eau est encore là à certains endroits. Quelques écoles ont pu rouvrir. L’électricité est revenue plus ou moins partout. Le téléphone aussi. Les dons ont commencé à arriver. Le chemin sera pourtant long pour les plus pauvres. Mais ils sont habitués : c’est toujours eux que l’on sert en dernier.

Face à la fatalité, essayer de donner du sens et trouver la clé qui pourrait expliquer. Faudrait-il chercher du côté du climat déréglé ? On aurait pu en parler, mais c’est dommage, ce n’était pas d’actualité.

 

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08 décembre 2015

Injuste mousson?

Photo Marie-Laure Henry

Le billet d'humeur inspiré des événements tragiques de Chennai. Écrit sous le coup de l'émotion, en pleine COP 21, pour essayer de nous rendre responsables les uns des autres, chacun là où nous sommes.

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07 décembre 2015

Vision d'horreur

Photo Marie-Laure HenryAller se balader en fin de journée sur la plage, histoire de s’affranchir une petite heure du confinement auquel nous sommes assujettis depuis bientôt une semaine. En s’avançant vers le petit chemin qui doit nous ramener vers la rue, s’apercevoir qu’il s’est transformé en tranchée. Les fortes pluies, certainement. Puis se rendre compte petit à petit qu’en fait, la tranchée est très profonde. Et découvrir avec horreur qu’elle est jonchée de cadavres d’animaux : vaches, cochons et moutons. Tous gorgés d’eau. Faire demi-tour, le cœur au bord des lèvres et regarder le ciel. Voir qu’il s’est assombri très rapidement. Puis se mettre à courir parce que la pluie commence à tomber. Prendre un autre chemin pour rejoindre la rue et devoir marcher dans de l’eau jusqu’aux genoux. Essayer de ne pas faire le lien entre ce qu’elle peut contenir et ses effluves. Être content de rentrer chez soi, mais réaliser que ce qui vient d’être vécu est très probablement devenu le quotidien d’une grande partie des habitants de la ville.

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02 décembre 2015

De l'eau

2 décembre 2015Des pluies particulièrement violentes se sont abattues sur Chennai hier et cette nuit. Suite au débordement du fleuve Adyar, une large partie de la ville a été totalement immergée. Plusieurs milliers de personnes ont dû être évacuées et ont trouvé refuge dans des locaux de fortune alloués par le gouvernement. Par mesure de précaution, l’électricité et tous les moyens de communication ont été coupés : plusieurs électrocutions ont déjà eu lieu les jours précédents en raison de câbles électriques tombés à terre. À cause des risques sanitaires, il est fortement déconseillé de marcher dans l’eau, même si faute de ne n’avoir aucun moyen de déplacement, de nombreux habitants le font. Des difficultés d’approvisionnement en eau potable et nourriture sont à craindre pour les prochains jours, ainsi que des épidémies liées à l’insalubrité de l’eau et des rues.

Depuis le début de la mousson particulièrement violente cette année dans le Tamil Nadu, plus de 250 morts sont à déplorer et plus de 200 000 personnes sont en situation de détresse. À Paris, 150 chefs d’États sont réunis pour la COP 21. Tous rendent hommage aux 126 victimes des attentats du 13 novembre. La situation à Chennai n’est pas évoquée.

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